Millepertuis : bienfaits, utilisation, posologie et précautions d’emploi

Le millepertuis est l’une des plantes européennes les plus connues pour accompagner les périodes de baisse de moral, de fatigue nerveuse ou de tension intérieure. Ses fleurs jaunes apparaissent généralement au début de l’été, autour de la Saint-Jean, ce qui lui a valu l’un de ses noms populaires : herbe de Saint-Jean.

Derrière son apparence délicate se cache cependant une plante particulièrement active. Le millepertuis peut modifier le fonctionnement de plusieurs enzymes responsables de l’élimination des médicaments. Il peut ainsi diminuer l’efficacité d’un contraceptif hormonal, d’un anticoagulant, d’un traitement contre le VIH, d’un médicament anticancéreux ou d’un traitement antirejet. Il peut également provoquer des effets indésirables graves lorsqu’il est associé à certains antidépresseurs.

Le millepertuis ne doit donc jamais être considéré comme une simple tisane relaxante. Son utilisation demande une vérification préalable des médicaments et compléments pris par la personne.


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Millepertuis : bienfaits, utilisation, posologie et précautions d’emploi

Information importante : cet article est informatif. Il ne remplace pas un diagnostic médical. Une tristesse persistante, une perte d’intérêt, des troubles importants du sommeil, des idées noires ou une incapacité à accomplir les activités quotidiennes nécessitent une consultation rapide.

Quel est le nom scientifique du millepertuis ?

Le nom scientifique du millepertuis perforé est :

Hypericum perforatum L.

Il appartient à la famille botanique des Hypericaceae. La partie utilisée est principalement constituée des sommités fleuries récoltées pendant la floraison, puis séchées ou transformées en extrait.

Dans la Pharmacopée européenne, la drogue végétale appelée Hyperici herba correspond aux sommités fleuries entières ou fragmentées de Hypericum perforatum. Elles contiennent notamment des hypericines, de l’hyperforine, des flavonoïdes, des procyanidines et différents composés phénoliques.

Les autres noms du millepertuis

Le millepertuis est également appelé :

  • millepertuis perforé ;
  • herbe de Saint-Jean ;
  • herbe aux mille trous ;
  • herbe percée ;
  • chasse-diable ;
  • St. John’s wort en anglais.

Le mot « millepertuis » vient de l’expression « mille pertuis », c’est-à-dire « mille petits trous ». Lorsque l’on regarde ses feuilles face à la lumière, on observe de nombreux points translucides. Il ne s’agit pas réellement de trous, mais de petites glandes contenant certains constituants de la plante.

Comment reconnaître le millepertuis perforé ?

Le millepertuis est une plante vivace qui pousse dans les prairies, les talus, les bords de chemins et les zones ensoleillées. Il possède généralement :

  • des fleurs jaune vif à cinq pétales ;
  • de nombreuses étamines jaunes ;
  • de petites feuilles opposées présentant des points translucides ;
  • de petits points noirs visibles sur le bord des pétales ou des feuilles ;
  • une tige dressée pouvant atteindre plusieurs dizaines de centimètres.

Lorsqu’une fleur fraîche est écrasée entre les doigts, elle peut laisser apparaître une coloration rougeâtre. Cette couleur est liée à certains pigments de la plante, notamment les dérivés de l’hypericine.

La cueillette sauvage demande néanmoins de bonnes connaissances botaniques. Une confusion, une mauvaise conservation ou une plante récoltée dans une zone polluée peut rendre la préparation inadaptée. Pour un usage oral, il est préférable d’utiliser une plante correctement identifiée, contrôlée et accompagnée d’informations précises sur son origine.

Quel est l’usage traditionnel du millepertuis ?

Le millepertuis possède une longue histoire dans les traditions européennes. Il a été employé pour accompagner la mélancolie, la nervosité, l’agitation intérieure et certaines périodes de fatigue psychique. Ses préparations huileuses étaient également appliquées sur la peau pour les petites irritations, les rougeurs et les blessures superficielles.

Dans sa monographie européenne, l’Agence européenne des médicaments distingue plusieurs usages.

Certaines formes traditionnelles sont reconnues pour le soulagement de l’épuisement mental temporaire. La plante est aussi traditionnellement utilisée pour accompagner l’agitation nerveuse associée à des difficultés d’endormissement, certains inconforts digestifs légers et, par voie externe, les inflammations cutanées mineures ainsi que la cicatrisation de petites plaies.

Ces usages traditionnels reposent sur une utilisation ancienne. Ils ne signifient pas que toutes les préparations de millepertuis possèdent une efficacité clinique démontrée pour toutes ces indications.

Quels sont les principaux composants du millepertuis ?

Le millepertuis renferme plusieurs familles de substances actives. Les plus étudiées sont les suivantes.

L’hyperforine

L’hyperforine est un composé caractéristique du millepertuis. Elle participe probablement à l’action de certains extraits sur les neurotransmetteurs. Elle joue également un rôle majeur dans les interactions médicamenteuses, car elle peut stimuler les enzymes CYP3A4, CYP2B6, CYP2C9 et CYP2C19 ainsi que la P-glycoprotéine.

Cette stimulation accélère l’élimination de nombreux médicaments et peut réduire leurs concentrations dans le sang. Le traitement associé devient alors parfois moins efficace.

Les hypericines

Cette famille comprend notamment l’hypericine et la pseudohypericine. Ces pigments ont longtemps servi de marqueurs pour standardiser les extraits de millepertuis. Ils participent à certaines propriétés biologiques de la plante, mais sont également associés à son potentiel photosensibilisant, surtout à fortes doses ou lors d’une exposition solaire intense.

Les flavonoïdes et les procyanidines

Le millepertuis contient notamment de l’hyperoside, de la rutine, de l’isoquercitrine et différents dérivés de la quercétine. L’action globale de la plante semble résulter de la combinaison de plusieurs constituants plutôt que de l’effet d’une seule molécule.

Comment le millepertuis agit-il sur le moral ?

Le mécanisme exact du millepertuis n’est pas entièrement élucidé. Les extraits étudiés peuvent influencer plusieurs systèmes de neurotransmission, notamment ceux de la sérotonine, de la noradrénaline et de la dopamine.

La monographie européenne indique que certains extraits secs inhibent, dans des modèles expérimentaux, la recapture synaptosomale de ces neurotransmetteurs. L’hyperforine, les hypericines et les flavonoïdes pourraient contribuer ensemble à cette activité.

Il est néanmoins trop simpliste de dire que le millepertuis « augmente seulement la sérotonine ». Sa composition est complexe, son effet varie selon le procédé d’extraction et tous les produits commercialisés ne sont pas équivalents. Une tisane, une poudre de plante et un extrait sec standardisé ne possèdent ni la même concentration ni le même niveau de preuve scientifique.

Quels sont les bienfaits potentiels du millepertuis ?

1. Accompagnement de la baisse de moral

Le millepertuis est surtout étudié pour les symptômes dépressifs légers à modérés. Plusieurs revues systématiques ont conclu que certains extraits standardisés étaient plus efficaces qu’un placebo à court terme. Dans certaines études, leurs résultats étaient comparables à ceux d’antidépresseurs conventionnels chez des adultes présentant une dépression légère ou modérée.

Une revue systématique publiée en 2016 a regroupé 35 études et 6 993 participants. Les personnes recevant du millepertuis étaient plus nombreuses à répondre au traitement que celles recevant un placebo. Face aux antidépresseurs, aucune différence significative d’efficacité n’était observée dans les formes légères à modérées, tandis que les effets indésirables rapportés étaient moins fréquents avec le millepertuis.

Ces résultats ne signifient pas que la plante convient à toutes les personnes. Une forte hétérogénéité existait entre les études : extraits différents, dosages variables, populations différentes et durées généralement courtes. Les données sont beaucoup plus limitées pour la dépression sévère, les traitements prolongés et la prévention des rechutes.

2. Épuisement mental temporaire

La plante entière et certaines préparations traditionnelles sont reconnues par l’Agence européenne des médicaments pour soulager temporairement une sensation d’épuisement mental.

Cet usage peut correspondre à une période courte marquée par une fatigue nerveuse, une tension intérieure ou une baisse passagère du moral. Il ne doit pas servir à masquer un épuisement professionnel, une dépression caractérisée, une maladie thyroïdienne, une anémie, une carence ou un autre problème médical.

3. Agitation nerveuse et endormissement

Sous forme de tisane, le millepertuis possède un usage traditionnel pour accompagner l’agitation nerveuse associée à des difficultés d’endormissement.

Il ne s’agit toutefois pas d’un somnifère immédiat. Une insomnie chronique, des réveils répétés, des apnées suspectées, une anxiété intense ou une somnolence importante pendant la journée nécessitent une évaluation spécifique.

4. Inconfort digestif léger

Certaines préparations traditionnelles de millepertuis sont utilisées pour le soulagement symptomatique d’inconforts gastro-intestinaux légers. Les données scientifiques sont toutefois bien moins importantes que celles disponibles pour les troubles de l’humeur.

5. Usage cutané traditionnel

L’huile rouge de millepertuis est traditionnellement appliquée sur les inflammations cutanées mineures et les petites blessures superficielles. Elle ne doit pas être appliquée sur une plaie profonde, infectée, étendue ou sur une brûlure importante.

Les zones traitées doivent être protégées des rayonnements ultraviolets. Une réaction cutanée reste possible, même lorsque le produit est utilisé localement.

Millepertuis en tisane ou extrait : quelle différence ?

Cette différence est essentielle.

La plante brute en infusion

La tisane utilise les sommités fleuries coupées. L’eau extrait correctement certains flavonoïdes, mais beaucoup moins d’hyperforine que les solvants hydroalcooliques utilisés pour fabriquer certains extraits secs.

La tisane relève donc principalement de l’usage traditionnel. Elle ne peut pas être considérée comme l’équivalent d’un extrait étudié dans un essai clinique sur la dépression.

L’extrait sec standardisé

Les essais cliniques ont principalement étudié des extraits secs précisément définis par leur rapport drogue-extrait, appelé DER, leur solvant d’extraction et leur teneur en composés marqueurs.

Deux gélules contenant chacune « 300 mg de millepertuis » peuvent donc être très différentes. Le chiffre en milligrammes ne suffit pas pour comparer deux produits.

Un extrait DER 3-6:1 signifie par exemple qu’environ trois à six unités de plante ont été nécessaires pour obtenir une unité d’extrait. La composition dépend aussi du degré d’alcool utilisé pendant l’extraction et de la teneur en hyperforine.

La poudre de plante

La poudre correspond à la plante sèche broyée. Elle est moins concentrée qu’un extrait sec, mais elle conserve un potentiel d’interaction. Elle ne doit pas être considérée comme sans risque sous prétexte qu’elle est « naturelle ».

La teinture

La teinture est une préparation hydroalcoolique. Sa posologie dépend impérativement du rapport plante-solvant, de la concentration alcoolique et des caractéristiques du produit. Une posologie trouvée pour une teinture 1:5 ne doit pas être transposée à une teinture 1:10.

Comment prendre le millepertuis en plante ?

Posologie traditionnelle en infusion

Pour l’épuisement mental temporaire chez l’adulte, la monographie européenne mentionne :

1,5 à 2 g de sommités fleuries coupées dans 150 ml d’eau bouillante, deux à trois fois par jour.

La quantité totale est donc généralement de 3 à 6 g de plante par jour.

Laisser infuser environ 5 à 10 minutes, filtrer, puis boire. La prise peut être répartie entre le matin et le début d’après-midi. Une prise tardive peut ne pas convenir aux personnes chez lesquelles le millepertuis provoque de l’agitation.

Cette posologie correspond à un usage traditionnel précis chez l’adulte. Elle ne constitue pas un traitement autonome d’une dépression diagnostiquée. Le millepertuis oral n’est pas recommandé avant 18 ans en raison du manque de données suffisantes.

Posologie des extraits secs

Pour certains extraits secs à usage médicinal bien établi, l’Agence européenne des médicaments rapporte des doses allant de 600 à 1 800 mg par jour, selon le DER, le solvant d’extraction et la composition de l’extrait.

D’autres extraits précisément définis sont utilisés à 600, 612 ou 900 mg par jour. Ces chiffres ne sont pas interchangeables. Il faut suivre la notice du produit concerné et demander conseil à un médecin ou à un pharmacien.

Il serait dangereux de conclure que 900 mg de n’importe quelle poudre ou de n’importe quel complément correspond à 900 mg de l’extrait employé dans les études.

Pendant combien de temps prendre du millepertuis ?

La durée dépend de la forme et de l’objectif recherché.

Pour la tisane ou les préparations traditionnelles utilisées contre l’épuisement mental temporaire, une consultation est recommandée si les symptômes persistent au-delà de deux semaines, s’aggravent ou réapparaissent régulièrement.

Pour certains extraits standardisés utilisés dans les troubles dépressifs légers à modérés, l’effet peut demander jusqu’à quatre semaines. Certaines préparations ont été étudiées pendant environ six semaines, mais un traitement plus long nécessite un suivi médical.

Une absence d’amélioration ne doit pas conduire à augmenter seul la dose. Elle peut signifier que la préparation n’est pas adaptée, que le diagnostic doit être réévalué ou qu’un autre traitement est nécessaire.

Quelle stratégie adopter pour arrêter le millepertuis ?

Il n’existe pas de protocole universel d’arrêt validé pour toutes les formes de millepertuis.

Après une courte utilisation de tisane, pendant quelques jours ou moins de deux semaines, un arrêt progressif n’est généralement pas prévu par les monographies officielles.

Après plusieurs semaines ou plusieurs mois d’utilisation d’un extrait concentré, l’arrêt doit être discuté avec un médecin ou un pharmacien, particulièrement lorsque le millepertuis était utilisé pour des symptômes dépressifs. La principale préoccupation est alors la réapparition des symptômes, mais de rares manifestations compatibles avec un syndrome d’arrêt ont également été rapportées.

Un professionnel peut décider d’une diminution progressive adaptée au dosage et à la forme utilisés. Il n’est pas conseillé de fabriquer soi-même un programme standard, car les extraits n’ont pas tous la même concentration.

La vérification des autres médicaments est indispensable lors de l’arrêt. L’activité du CYP3A induite par le millepertuis revient progressivement à son niveau de départ en environ une semaine. La concentration d’un médicament associé peut donc augmenter après l’arrêt du millepertuis.

Stratégie pratique et prudente

Avant l’arrêt, il convient de :

  1. noter le nom exact du produit, sa dose, son DER et sa teneur en hyperforine lorsqu’elle est indiquée ;
  2. vérifier tous les médicaments et contraceptifs associés ;
  3. ne pas commencer simultanément un antidépresseur sans avis médical ;
  4. convenir avec le professionnel d’un arrêt direct ou progressif ;
  5. surveiller le moral, le sommeil, l’anxiété et l’apparition d’idées noires ;
  6. consulter rapidement en cas d’aggravation.

Le millepertuis ne doit pas être remplacé directement par un antidépresseur, ni associé à celui-ci, sans consigne professionnelle.

Quels sont les effets indésirables possibles ?

Les effets indésirables les plus souvent rapportés sont :

  • nausées, douleurs abdominales ou diarrhée ;
  • bouche sèche ;
  • maux de tête ou vertiges ;
  • fatigue ;
  • nervosité, agitation ou troubles du sommeil ;
  • réactions allergiques cutanées ;
  • sensibilité accrue au soleil ;
  • picotements, sensation de brûlure ou réaction semblable à un coup de soleil.

Chez certaines personnes, le millepertuis peut augmenter l’anxiété ou l’agitation. Les effets indésirables semblent globalement moins fréquents qu’avec certains antidépresseurs dans les essais à court terme, mais cela ne signifie pas que la plante est sans danger. Son principal risque provient de ses nombreuses interactions.

Millepertuis et soleil : pourquoi faut-il être prudent ?

Le millepertuis peut augmenter la sensibilité de la peau aux rayonnements ultraviolets. Ce phénomène est appelé photosensibilisation.

Pendant son utilisation, il est recommandé d’éviter :

  • l’exposition solaire intense ;
  • les cabines de bronzage ;
  • les séances prolongées sans protection ;
  • l’exposition directe des zones sur lesquelles de l’huile de millepertuis a été appliquée.

Les personnes à la peau très claire ou recevant déjà un médicament photosensibilisant doivent être particulièrement prudentes.

Quelles sont les principales interactions médicamenteuses ?

Le millepertuis stimule plusieurs enzymes hépatiques et la P-glycoprotéine. Il peut ainsi diminuer la concentration et l’efficacité de nombreux médicaments. La liste suivante n’est pas exhaustive.

Antidépresseurs et produits sérotoninergiques

L’association avec certains antidépresseurs peut provoquer un excès de sérotonine, appelé syndrome sérotoninergique. Les signes possibles comprennent une agitation, des tremblements, une accélération du cœur, des sueurs, une diarrhée, de la fièvre, une désorientation ou des contractions musculaires.

Contraceptifs hormonaux

Le millepertuis peut abaisser la concentration des hormones contraceptives. Des saignements entre les règles, une ovulation et une diminution de l’efficacité contraceptive sont possibles. Cette interaction concerne potentiellement plusieurs formes de contraception hormonale, y compris la pilule et certains implants.

Une revue systématique a relevé un risque accru de saignements intermenstruels et des éléments faisant craindre une diminution de la protection contraceptive.

Anticoagulants

Le millepertuis est contre-indiqué avec les anticoagulants de type coumarinique, notamment en raison du risque de baisse de leur concentration et de perte de contrôle de l’anticoagulation.

Médicaments antirejet

La ciclosporine, le tacrolimus, le sirolimus et l’évérolimus font partie des associations contre-indiquées. Une diminution de leur efficacité peut exposer à un risque majeur de rejet de greffe.

Traitements contre le VIH

Certains inhibiteurs de protéase et autres traitements antirétroviraux peuvent perdre leur efficacité lorsqu’ils sont associés au millepertuis.

Médicaments anticancéreux

L’irinotécan, l’imatinib et d’autres médicaments anticancéreux métabolisés par les enzymes induites par le millepertuis peuvent être concernés.

Autres médicaments

Une interaction est également possible avec la digoxine, la méthadone, certaines benzodiazépines, la simvastatine, certains antihistaminiques et de nombreux autres traitements utilisant les mêmes voies métaboliques.

Toute personne prenant un médicament sur ordonnance doit demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant d’utiliser le millepertuis.

Quelles sont les contre-indications du millepertuis ?

Le millepertuis oral est contre-indiqué ou déconseillé dans les situations suivantes :

  • allergie connue au millepertuis ;
  • association avec certains anticoagulants ;
  • traitement par ciclosporine, tacrolimus, sirolimus ou évérolimus ;
  • prise de certains antirétroviraux ;
  • prise d’irinotécan, d’imatinib ou d’autres anticancéreux concernés ;
  • association non encadrée avec un antidépresseur ou un produit sérotoninergique ;
  • grossesse ou allaitement ;
  • âge inférieur à 18 ans pour l’usage oral ;
  • exposition importante aux ultraviolets ;
  • intervention chirurgicale programmée sans en avoir informé l’anesthésiste.

La prudence est également indispensable en présence d’un trouble bipolaire, d’antécédents maniaques, de schizophrénie ou d’autres troubles psychotiques. Des cas d’aggravation de symptômes maniaques ou psychotiques ont été rapportés.

Le millepertuis est-il autorisé pendant la grossesse et l’allaitement ?

Son innocuité pendant la grossesse et l’allaitement n’est pas établie. Des signes de toxicité reproductive ont été observés dans des études animales et les données humaines restent insuffisantes.

L’Agence européenne des médicaments ne recommande donc pas son utilisation pendant la grossesse ni pendant l’allaitement. De plus, le risque d’interaction avec une contraception hormonale doit être pris en compte chez les femmes en âge de procréer.

Comment choisir un millepertuis de qualité ?

Un produit sérieux doit indiquer clairement :

  • le nom botanique complet : Hypericum perforatum L. ;
  • la partie utilisée : sommités fleuries ;
  • la quantité de plante ou d’extrait par dose ;
  • le DER lorsqu’il s’agit d’un extrait ;
  • le solvant d’extraction ;
  • les teneurs en hypericines et, si possible, en hyperforine ;
  • le numéro de lot et la date de durabilité ;
  • les précautions et interactions majeures.

Il faut éviter de comparer les produits uniquement sur le nombre de milligrammes. Un extrait concentré de 300 mg peut fournir davantage de constituants actifs qu’une dose beaucoup plus élevée de poudre brute.

Un produit à faible teneur en hyperforine peut présenter un potentiel d’interaction pharmacocinétique plus faible, mais cela ne doit pas dispenser d’une vérification professionnelle, notamment lorsque la personne prend un traitement important.

Ce qu’il faut retenir

Le millepertuis est une plante médicinale majeure, principalement étudiée pour les symptômes dépressifs légers à modérés et traditionnellement utilisée lors d’un épuisement mental temporaire.

Ses effets ne sont pas immédiats : plusieurs semaines peuvent être nécessaires avec certains extraits standardisés. La plante brute en tisane n’est pas équivalente aux extraits employés dans les essais cliniques.

Son principal danger réside dans ses interactions médicamenteuses. Le millepertuis peut diminuer l’efficacité d’une contraception hormonale, d’un anticoagulant, d’un traitement antirejet, d’un antirétroviral, d’un anticancéreux et de nombreux autres médicaments. Il ne doit jamais être associé librement à un antidépresseur.

Avant toute prise orale, il est indispensable de présenter au médecin ou au pharmacien la liste complète des médicaments, contraceptifs et compléments utilisés.

 

 

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