Le bouillon-blanc : un trésor végétal pour adoucir la gorge Une plante majestueuse aux fleurs dorées, traditionnellement utilisée pour le confort des voies respiratoires


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Le bouillon-blanc : un trésor végétal pour adoucir la gorge  Une plante majestueuse aux fleurs dorées, traditionnellement utilisée pour le confort des voies respiratoires

Le bouillon-blanc : un trésor végétal pour adoucir la gorge

Une plante majestueuse aux fleurs dorées, traditionnellement utilisée pour le confort des voies respiratoires : le bouillon-blanc, aussi appelé molène, accompagne les saisons froides depuis des siècles.

17 juillet 2026 | 6 min de lecture

Le bouillon-blanc : la plante de velours

Avec sa haute tige florale, ses feuilles épaisses recouvertes d’un duvet blanchâtre et ses petites fleurs jaunes, le bouillon-blanc est facilement reconnaissable. Cette plante bisannuelle peut atteindre près de deux mètres de hauteur. La première année, elle développe une large rosette de feuilles ; la seconde, elle produit une longue inflorescence dressée portant de nombreuses fleurs jaunes.

Son nom scientifique le plus connu est Verbascum thapsus L. Il appartient à la famille des Scrophulariacées et porte également le nom de molène. Mais, comme pour de nombreuses plantes médicinales, le terme « bouillon-blanc » peut désigner plusieurs espèces proches.

Une diversité botanique à connaître

Le bouillon-blanc n’est pas une plante isolée, mais un représentant du vaste genre botanique Verbascum, qui regroupe plusieurs centaines d’espèces reconnues. Toutes ne doivent pas être utilisées indistinctement.

Pour l’usage médicinal traditionnel européen, trois espèces sont principalement retenues :

  • Verbascum thapsus L., le bouillon-blanc à petites fleurs ;
  • Verbascum densiflorum Bertol., la molène à fleurs denses ;
  • Verbascum phlomoides L., la molène faux-phlomis.

La monographie européenne consacrée à la fleur de bouillon-blanc reconnaît ces trois espèces. En France, elles figurent également dans la liste des plantes médicinales utilisées traditionnellement.

Cette identification botanique est essentielle. Une plante vendue simplement sous le nom de « molène » doit toujours être accompagnée de son nom scientifique afin de garantir l’espèce utilisée.

Fleur ou sommité fleurie : quelle partie utilise-t-on ?

En herboristerie, on peut trouver le bouillon-blanc sous forme de fleurs, de corolles séchées ou de sommités fleuries.

La sommité fleurie correspond à l’extrémité supérieure de la plante récoltée pendant la floraison. Elle peut contenir les fleurs, de petites parties de tige et parfois quelques feuilles. Cependant, la partie médicinale officiellement répertoriée par la Pharmacopée française est plus précisément la corolle mondée, c’est-à-dire la fleur débarrassée de son calice et des parties végétales indésirables.

Les sommités fleuries restent utilisées dans les préparations traditionnelles, mais les fleurs seules sont généralement privilégiées pour les infusions destinées à adoucir la gorge.

Les principaux actifs du bouillon-blanc

Les fleurs et les feuilles de Verbascum thapsus renferment différentes familles de composés naturels :

  • des mucilages ;
  • des saponines ;
  • des flavonoïdes ;
  • des iridoïdes ;
  • des glycosides phényléthanoïdes et phénylpropanoïdes ;
  • divers composés phénoliques.

Les mucilages sont des substances végétales qui gonflent au contact de l’eau. Ils sont traditionnellement associés à un effet adoucissant sur les muqueuses irritées de la bouche et de la gorge.

Les saponines pourraient, quant à elles, participer à l’usage traditionnel expectorant de la plante. Les flavonoïdes, iridoïdes et autres composés phénoliques sont étudiés en laboratoire pour leurs propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires ou antimicrobiennes. Ces résultats expérimentaux restent toutefois différents d’une preuve d’efficacité clinique chez l’être humain.

Une plante traditionnellement utilisée pour la gorge

Le bouillon-blanc est avant tout une plante dite pectorale, traditionnellement associée au confort de la gorge et des voies respiratoires supérieures.

L’Agence européenne des médicaments reconnaît son usage traditionnel pour soulager les symptômes du mal de gorge accompagnant une toux sèche et un refroidissement. Cette reconnaissance repose sur son ancienneté d’utilisation et non sur un niveau de preuve clinique équivalent à celui exigé pour un médicament conventionnel.

Le bouillon-blanc peut ainsi être utilisé ponctuellement pour :

  • adoucir une gorge sèche ou irritée ;
  • calmer l’inconfort associé à une toux sèche ;
  • accompagner un rhume léger ;
  • apporter une sensation d’apaisement grâce à une infusion chaude.

Il ne doit pas être présenté comme un traitement de l’asthme, d’une bronchite, d’une pneumonie ou d’une maladie respiratoire chronique. Une toux persistante peut avoir de nombreuses causes et nécessite parfois une consultation médicale.

Comment préparer le bouillon-blanc en infusion ?

Selon la monographie européenne, la préparation traditionnelle destinée aux adolescents de plus de 12 ans et aux adultes est la suivante :

Faire infuser 1,5 à 2 grammes de fleurs de bouillon-blanc dans environ 150 ml d’eau bouillante. Laisser infuser pendant 10 à 15 minutes, puis filtrer très soigneusement. Cette préparation peut être consommée trois à quatre fois par jour, sans dépasser une dose quotidienne totale de 4,5 à 8 grammes.

La filtration est importante, notamment lorsque la préparation contient des morceaux de feuilles ou de sommités fleuries. L’utilisation d’un filtre fin permet d’obtenir une tisane plus agréable.

Le bouillon-blanc peut être associé à d’autres plantes traditionnellement utilisées dans les mélanges pectoraux, comme la mauve, la guimauve, le plantain ou le thym. Le choix de l’association dépend toutefois du type de toux et de la sensibilité de la personne.

Le bouillon-blanc peut-il se fumer ?

Oui, les feuilles séchées du bouillon-blanc ont été fumées dans certaines traditions populaires. Des enquêtes ethnobotaniques rapportent notamment l’utilisation de feuilles, et parfois de graines séchées, brûlées puis inhalées dans le cadre d’anciens usages respiratoires. Il s’agit d’un témoignage historique ou culturel, et non d’une démonstration d’efficacité ou d’innocuité.

La partie traditionnellement fumée est surtout la feuille séchée, parfois incorporée à des mélanges de plantes. Les fleurs ou sommités fleuries sont davantage destinées à l’infusion.

Naturel ne veut pas dire sans danger

Fumer du bouillon-blanc ne constitue pas un traitement respiratoire reconnu. La monographie européenne recommande la plante sous forme d’infusion et ne reconnaît aucun usage thérapeutique par inhalation de fumée.

Lorsqu’une plante brûle, la combustion produit de la fumée, des particules fines, du monoxyde de carbone, des goudrons et différents composés irritants. Une étude analysant la fumée de cigarettes aux herbes a notamment retrouvé du monoxyde de carbone, du benzo[a]pyrène et d’autres substances toxiques. Les condensats de fumée présentaient également un potentiel mutagène lié aux produits de combustion.

Ainsi, une cigarette au bouillon-blanc peut être dépourvue de nicotine si aucun tabac n’est ajouté, mais elle n’est pas pour autant inoffensive. Elle peut irriter les bronches et entretenir le geste de fumer.

La formulation la plus responsable est donc la suivante :

Le bouillon-blanc fait partie des plantes traditionnellement fumées, principalement sous forme de feuilles séchées. Cependant, toute combustion produit des substances nocives. La meilleure option pour les poumons reste de ne rien fumer.

Il est particulièrement déconseillé de fumer cette plante en cas d’asthme, de maladie respiratoire, de grossesse, d’allaitement ou chez les mineurs.

Précautions d’emploi

Le bouillon-blanc est réservé aux adolescents de plus de 12 ans et aux adultes dans le cadre de la monographie européenne.

Son utilisation est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, car les données disponibles sont insuffisantes. Il ne doit pas être utilisé en cas d’allergie connue au bouillon-blanc ou à l’un de ses composants.

Une consultation médicale est nécessaire lorsque :

  • la toux persiste plus d’une semaine ;
  • les symptômes s’aggravent ;
  • une fièvre apparaît ;
  • la respiration devient difficile ;
  • les expectorations deviennent épaisses, colorées ou purulentes ;
  • la toux est accompagnée de douleurs thoraciques ou de sang.

Pourquoi choisir le bouillon-blanc ?

Le bouillon-blanc est une plante intéressante pour accompagner ponctuellement une gorge irritée ou une toux sèche liée à un refroidissement. Sa richesse en mucilages et son ancien usage dans les préparations pectorales expliquent sa place dans les herboristeries traditionnelles.

Mais sa forme d’utilisation est déterminante. Pour profiter de son caractère adoucissant, l’infusion soigneusement filtrée reste préférable à la fumée.

Le bouillon-blanc illustre parfaitement une règle essentielle de l’herboristerie : une même plante peut posséder plusieurs formes d’utilisation, mais celles-ci ne présentent ni les mêmes bénéfices ni les mêmes risques.

BIBLIOGRAPHIE

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